Machu Picchu

Le guide de la merveille du monde

Machu Picchu (signifiant « vieille montagne » en quechua) est le nom contemporain donné à une llaqta (une ancienne ville inca des Andes en queshua) construit vers 1450, et situé dans la Cordillère orientale du sud du Pérou, dans la chaîne des Andes à 2430 mètres d’altitude. Il est situé dans la région de Cuzco, province de Urubamba, sur la Vallée Sacrée des Incas, à 80 kilomètres au nord-ouest de la ville de Cuzco et où coule la rivière Urubamba, rivière qui traverse la chaîne de montagnes et qui donne naissance à un canyon au climat tropical de montagne. Selon de nombreux chercheurs, son nom d’origine aurait été Llaqtapata.

Certains de ses meilleurs bâtiments et le caractère cérémoniel évident de la principale route d’accès à la llaqta témoignent de son origine antérieure à Pachacutec et de son utilisation présumée comme sanctuaire religieux. Les deux utilisations, celle de palais et celle de sanctuaire, n’auraient pas été incompatibles. Même si son caractère militaire supposé est contesté, les qualificatifs populaires de « forteresse » ou de « citadelle » ont souvent été utilisé pour désigner le site du Machu Picchu.

Machu Picchu est considéré à la fois comme un chef-d’œuvre d’architecture et d’ingénierie. Ses caractéristiques architecturales et paysagères particulières, ainsi que le voile de mystère qui a tissé autour de lui une partie importante de la littérature publiée sur cette merveille du monde, en ont fait l’une des destinations touristiques les plus populaires de la planète.

En 1976, environ trente pour cent du Machu Picchu fût restauré, et les travaux de restauration continuent de se poursuivre au jour d’aujourd’hui. Le nombre de billets disponibles pour le Machu Picchu se limite à 2500 par jour afin de préserver le site. Il est même possible que dans le futur, ce chiffre soit revu à la baisse.

Machu Picchu a été déclaré sanctuaire historique péruvien en 1981 et figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, dans le cadre d’un ensemble culturel et écologique connu sous le nom de sanctuaire historique de Machu Picchu. Le Machu Picchu a été élu l’une des sept nouvelles merveilles du monde moderne lors d’un sondage mondial sur Internet en 2007 qui compta plus de 100 millions de participants. De très loin la première attraction touristique du Pérou, le site du Machu Picchu reçoit 1 500 000 de visiteurs annuels.

Géographie

Emplacement

Il est localisé à 13° 9′ 47″ de latitude sud et 72° 32′ 44″ de longitude ouest. Il fait partie du district du même nom, dans la province d’Urubamba, dans le département de Cuzco, au Pérou. La ville importante la plus proche est Cuzco, l’actuelle capitale régionale et ancienne capitale des Incas, située à 132 km.

Les montagnes Machu Picchu et Huayna Picchu font partie d’une grande formation orographique connue sous le nom de Batolito de Vilcabamba, dans la Cordillère centrale des Andes péruviennes. Ils sont situés sur la rive gauche du canyon dit d’Urubamba, anciennement connu sous le nom de Quebrada de Picchu. Au pied des collines, tout autour d’eux coule la rivière Vilcanota-Urubamba. Le site archéologique inca est situé à mi-chemin entre les sommets des deux montagnes, à 450 mètres au-dessus du niveau de la vallée et à 2438 mètres au-dessus du niveau de la mer. La zone bâtie mesure environ 530 mètres de long et 200 mètres de large, avec 172 bâtiments dans son aire urbaine. Sur le plan biogéographique, il est situé dans l’écorégion des Yungas péruviennes.

Les ruines elles-mêmes sont situées sur un espace protégé du Sistema Nacional de Áreas Naturales Protegidas por el Estado (SINANPE), appelé le « Sanctuaire historique de Machu Picchu », qui s’étend sur une superficie de 32 592 hectares du bassin de la rivière Vilcanota-Urubamba (la Willka mayu ou « rivière sacrée » des Incas). Le Sanctuaire historique protège un certain nombre d’espèces biologiques menacées et plusieurs établissements incas, dont principalement le Machu Picchu.

Moyens d’accès

La zone archéologique est accessible, soit par les routes post-incas qui y mènent, soit par la route de Hiram Bingham (qui monte le versant de la colline du Machu Picchu depuis l’ancienne gare de Puente Ruinas, située au fond du canyon). Aucun des deux moyens ne dispense le visiteur du prix de l’entrée dans le complexe.

Toutefois, la route susmentionnée n’est pas intégrée au réseau routier national du Pérou. Il commence dans la ville d’Aguas Calientes, qui n’est accessible que par train (à environ trois heures de Cuzco) ou par hélicoptère (à 30 minutes de Cuzco). L’absence de route directe vers le sanctuaire de Machu Picchu est intentionnelle et permet de contrôler le flux de visiteurs dans cette zone qui, étant donné son statut de réserve nationale, est particulièrement sensible aux foules. Cela n’a cependant pas empêché la croissance désordonnée (critiquée par les autorités culturelles) d’Aguas Calientes, qui vit pour et avec le tourisme, car il y a des hôtels et des restaurants de différentes catégories dans cet endroit.

Pour se rendre à Machu Picchu par la route principale des Incas, il faut marcher pendant environ trois jours. Pour ce faire, il est nécessaire de prendre un train ou un bus jusqu’au km 82 de la ligne ferroviaire Cusco-Aguas Calientes, qui coïncide avec la frontière du parc national de Machu Picchu, d’où le trekking commence à pied. Certains visiteurs prennent un bus local de Cusco à Ollantaytambo (via Urubamba) et de là, ils prennent un transport jusqu’au km 82 susmentionné. Actuellement, les bus se rendent à la centrale hydroélectrique située à 9 km d’Aguas Calientes, ce qui prend environ trois heures de marche, soit le même trajet que le train.

Climat

La température est chaude et humide pendant la journée et fraîche la nuit. La température varie de 12 à 24 degrés Celsius. La région est généralement très pluvieuse, surtout entre novembre et mars. Les pluies, qui sont abondantes, alternent rapidement avec des moments d’ensoleillement intense.

La saison d’été au Pérou va de décembre à mars, tandis que la période hivernale commence vers mai pour finir en septembre. Toutefois, la haute saison va de mai à mi-septembre durant l’hiver austral car ce sont les mois les plus secs de l’année, constituant ainsi les meilleures conditions de visite. Les mois de janvier et février sont considérés comme les mois les plus pluvieux de l’année, mais c’est néanmoins une période intéressante pour visiter l’Amérique du Sud dans son ensemble en raison de l’inversion des saisons par rapport à l’hémisphère Nord.

Géologie

L’ensemble du site archéologique a été construit sur le batholite de Vilcabamba, composé de roches intrusives qui datent d’environ 250 millions d’années, de granit intrusif permo-triasique principalement blanc à gris, coupé par quelques veines de tonalites et de talcesquistos. Le massif granitique est coupé par une série de failles et de diaclases qui jouent un rôle important dans la conformation actuelle du relief et dans son évolution. Sur la carte géologique de l’Institut géologique minier et métallurgique du Pérou, on retrouve deux grandes failles régionales qui traversent la région, appelées failles Huayna Picchu et Machu Picchu. Ces failles n’ont pas connu d’activité récente.

Description

La zone bâtie à Machu Picchu mesure 530 mètres de long et 200 mètres de large et comprend au moins 172 enclos. Le complexe est clairement divisé en deux grandes zones : la zone agricole, formée par des ensembles de terrasses de culture, qui est située au sud ; et la zone urbaine, qui est, bien sûr, celle où ses occupants ont vécu et où les principales activités civiles et religieuses ont eu lieu. Les deux zones sont séparées par un mur, un fossé et un escalier, éléments qui s’étendent parallèlement sur le versant est de la montagne.65 Une partie importante des ruines que l’on peut voir aujourd’hui sont en fait des reconstructions récentes, comme on peut le constater en comparant les images obtenues dans les années 1910 avec celles d’aujourd’hui.


Zone agricole

Les terrasses du Machu Picchu ressemblent à de grands escaliers construits à flanc de colline. Ce sont des structures formées par un mur de pierre et un remplissage de différentes couches de matériaux (grosses pierres, petites pierres, gravier, argile et terres agricoles) qui facilitent le drainage, empêchant l’eau de s’y infiltrer (compte tenu des fortes précipitations dans la région) et d’effriter leur structure. Ce type de construction a permis de les cultiver jusqu’à la première décennie du XXe siècle. D’autres plates-formes de moindre largeur se trouvent dans la partie inférieure du Machu Picchu, autour de toute la ville. Leur fonction n’était pas agricole mais de servir de murs de soutènement.

Cinq grands bâtiments sont situés sur les plates-formes à l’est de la route Inca qui atteint le Machu Picchu par le sud. Ils étaient utilisés comme colcas ou entrepôts. À l’ouest de la route se trouvent deux autres grands ensembles de plates-formes : certaines concentriques avec une coupe semi-circulaire et d’autres droites.

Zone urbaine

Un mur d’environ 400 mètres de long sépare la ville de la zone agricole. Parallèlement au mur s’étend un « fossé » utilisé comme principal système de drainage de la ville. En haut du mur se trouve la porte du Machu Picchu qui avait un mécanisme de verrouillage interne. La zone urbaine a été divisée par les archéologues actuels en groupes de bâtiments nommés par un numéro entre 1 et 18. Le schéma proposé par Chávez Ballón en 1961, qui la divise en un secteur Hanan (haut) et un secteur Hurin (bas) selon la société bipartite traditionnelle et la hiérarchie andine, est toujours en vigueur. L’axe physique de cette division est un carré allongé, construit en terrasses à différents niveaux selon la pente de la montagne.

Le deuxième axe en importance de la ville forme une croix avec le précédent, traversant pratiquement toute la largeur des ruines d’est en ouest : Il se compose de deux éléments : un large et long escalier qui sert de rue principale et un ensemble de fontaines à eau élaborées qui lui sont parallèles. À l’intersection des deux axes se trouvent la résidence de l’Inca, le temple-observatoire de la tour et la première et la plus importante des sources d’eau.

Secteur Hanan

Ensemble 1

L’ensemble 1 comprend des structures liées aux soins de ceux qui sont venus en ville par la porte (une « zone vestibulaire »), des écuries pour les camélidés, des ateliers, des cuisines et des chambres. Tout cela se trouve sur le côté est de la route, dans une succession de rues parallèles qui descendent le versant de la montagne. La construction la plus importante, le bâtiment vestibulaire, avait deux étages et plusieurs accès. Sur le côté gauche de la route d’entrée se trouvent des pièces de rang inférieur qui seraient liées au travail dans les carrières, situées à proximité de ce secteur. Toutes les constructions sont de gréement commun et beaucoup d’entre elles ont été plâtrées et peintes.

Temple du soleil

On y accède par un couvercle à double emboîtement, qui est resté fermé (il y a des restes d’un mécanisme de sécurité). Le bâtiment principal est connu sous le nom de « Torreón », fait de blocs finement sculptés. Il était utilisé pour les cérémonies liées au solstice de juin. L’une de ses fenêtres présente des traces d’ornements qui y ont été incrustés et qui ont été enlevés à un moment donné de l’histoire du Machu Picchu, détruisant ainsi une partie de sa structure. Il y a également des traces d’un grand incendie sur le site. La Tour est construite sur un grand rocher sous lequel se trouve une petite grotte entièrement recouverte d’une fine maçonnerie. On pense que c’était un mausolée et que les momies se reposaient dans ses grandes niches. Lumbreras spécule même que certains éléments indiquent qu’il pourrait s’agir du mausolée de Pachacutec et que sa momie était là jusqu’à peu de temps après l’invasion espagnole de Cuzco.

Résidence royale

Parmi les constructions destinées au logement, c’est la plus belle, la plus grande et la mieux distribuée du Machu Picchu. Sa porte d’accès mène à la première fontaine de la ville et, en traversant la rue formée par le grand escalier, au Temple du Soleil. Il comprend deux pièces avec de grands linteaux monolithiques et des murs en pierre bien sculptés. L’une de ces chambres a accès à une salle de service avec un canal d’évacuation. Le complexe comprend un corral pour les camélidés et une terrasse privée avec vue sur le côté est de la ville.

Place sacrée

C’est le nom donné à un ensemble de bâtiments disposés autour d’une cour carrée. Tous les éléments indiquent que le lieu a été utilisé pour différents rituels. Il comprend deux des meilleurs bâtiments de Machu Picchu, qui sont formés par de gros rochers sculptés : le Temple des Trois Fenêtres, dont les murs de gros blocs polygonaux ont été assemblés comme un puzzle, et le Temple Principal, de blocs plus réguliers, qui aurait été la principale enceinte cérémoniale de la ville. A ce dernier est rattachée la « maison du prêtre » ou « chambre des ornements ». Certains éléments indiquent que le complexe général n’était pas terminé.

Pyramide d’Intihuatana

Il s’agit d’une colline dont les flancs ont été convertis en terrasses, prenant la forme d’une grande pyramide à base polygonale. Il comprend deux longs escaliers d’accès, au nord et au sud, ce dernier étant particulièrement intéressant car il s’agit d’un long tronçon taillé dans une seule roche. Au sommet, entouré de bâtiments d’élite, se trouve la pierre Intihuatana (« où le soleil est lié »), l’un des objets les plus étudiés du Machu Picchu, qui a été relié à une série de lieux considérés comme sacrés à partir desquels des alignements clairs sont établis entre les événements astronomiques et les montagnes environnantes.

Secteur Hurin

Rocher sacré

C’est le nom donné à une pierre à face plate placée sur un large piédestal. C’est un point de repère qui marque l’extrémité nord de la ville et qui est le point de départ de la route vers Huayna Picchu.

Groupe des trois couvertures

C’est un grand complexe architectural dominé par trois grands kanchas disposés symétriquement et reliés entre eux. Leurs couvertures, de facture identique, donnent à la place principale du Machu Picchu. Il comprend des maisons et des ateliers.

Groupe des morteros ou acllahuasi

C’est le plus grand complexe de la ville, mais il n’avait qu’une seule porte d’entrée, ce qui pourrait laisser penser qu’il s’agit de l’Acllahuasi (ou « maison des femmes choisies ») du Machu Picchu, dédiée au service religieux et aux beaux-arts. Elle comprend une célèbre salle en pierre bien sculptée au sol de laquelle se trouvent deux affleurements rocheux sculptés sous forme de mortiers circulaires censés broyer le grain. Certains auteurs pensent qu’elles étaient remplies d’eau et qu’elles reflétaient les étoiles. L’ensemble comprend des preuves d’utilisation rituelle, il y a des autels et même une cour construite autour d’un grand rocher. Certains de leurs environnements sont la preuve qu’ils ont été des résidences d’élite.

Groupe Condor

Il s’agit d’un large éventail de constructions, pas toujours régulières, qui tirent parti des contours des rochers. Il comprend quelques grottes avec des preuves d’utilisation rituelle et une grande pierre sculptée au centre d’une grande cour dans laquelle beaucoup croient voir la représentation d’un condor. Au sud du « condor » se trouvent des habitations d’élite, qui avaient le seul accès privé à l’une des fontaines du Machu Picchu. Entre les habitations et le patio du condor, des vestiges évidents de constructions consacrées à l’élevage de cobayes ont été identifiés.

Escalier des fontaines

Il s’agit d’un ensemble formé par un grand escalier à côté duquel court un système de 16 cascades artificielles, dont la plupart sont soigneusement sculptées dans des blocs polygonaux et entourées de gouttières taillées dans la roche. L’eau provient d’une source située sur les hauteurs de la colline de Machu Picchu et qui a été canalisée à l’époque de l’Empire. Un système supplémentaire situé au sommet de la montagne recueille les fuites d’eau de pluie de la montagne et les détourne vers le canal principal.

Zone des carrières

Au sommet, juste après l’entrée dans la rue principale, il y a six pièces, reliées par un escalier. Ce sont des constructions rustiques qui ont probablement servi de logement aux gardiens de la porte principale, ainsi qu’aux tailleurs de pierre, aux sculpteurs et aux ouvriers de la pierre, puisque la carrière est très proche de ce groupement.

Dans les fouilles archéologiques réalisées, on a trouvé des pots, des assiettes, des cruches, des puits, un moulin en pierre et de la terre brûlée ; on en déduit qu’ils étaient cuisinés pour un grand nombre de personnes et qu’on y préparait de la chicha, (fouilles de Julinho Zapara). Toujours dans cette région, de nombreux outils et des pierres très dures ont été trouvés.

Cette zone de carrières présente une diversité de roches sculptées ou semi-sculptées, avec des coupes pour la construction, parmi lesquelles des canaux, des entrées et des sorties, des roches à moitié coupées et des rampes pour les déplacer. Les enceintes de cette zone sont directement liées aux fournisseurs de matériaux de construction pour les différentes zones ou groupements de la ville de Machu Picchu.

A l’origine, toute la zone où la ville de Machu Picchu était installée était une grande carrière que les géologues appellent « le chaos du granit ». Les roches, qui ont été transformées en polyèdres lithiques et transportées sur le site, sont de différentes qualités. C’est là qu’ils ont reçu la finition et la sculpture finale. Le polissage se faisait après qu’ils aient été placés sur le parement, par exemple dans le temple des animaux.

Un détail curieux est qu’il existe une pierre présentant des fissures ou des craquelures qui sont faites pour extraire de nouvelles pierres lors de certaines restaurations. Certains guides mal informés le montrent généralement, prétendant que des troncs humides ont été placés dans les fentes qui, en se dilatant, ont produit la fracture. Une telle explication n’est possible que dans l’imagination.

Architecture

Ingénierie hydraulique et des sols

Une ville de pierre construite au sommet d’un « isthme » entre deux montagnes et entre deux failles géologiques, dans une région soumise à des tremblements de terre constants et surtout à de fortes pluies tout au long de l’année, est un défi pour tout constructeur : empêcher l’effondrement de l’ensemble du complexe. Selon Alfredo Valencia et Keneth Wright, « le secret de la longévité du Machu Picchu est son système de drainage ». En effet, le sol de ses zones non couvertes est doté d’un système de drainage constitué de couches de gravier (pierres concassées) et de roches pour empêcher l’eau de pluie de s’infiltrer. 129 canaux de drainage traversent toute la zone urbaine, conçus pour empêcher les éclaboussures et l’érosion, se déversant pour la plupart dans le « fossé » qui sépare la zone urbaine de la zone agricole, qui était en fait le principal système de drainage de la ville. On estime que soixante pour cent de l’effort de construction à Machu Picchu a consisté à réaliser les fondations sur des terrasses remplies de gravier pour un bon drainage de l’eau excédentaire.

Orientation des bâtiments

Il y a de fortes raisons de penser que les constructeurs ont tenu compte de critères astronomiques et de rituels de construction selon les études de Dearborn, White, Thomson et Reinhard, entre autres. En effet, l’alignement de certains bâtiments importants coïncide avec l’azimut solaire pendant les solstices de manière constante et donc pas du tout fortuite, avec les points de lever et de coucher du soleil à certaines périodes de l’année et avec les sommets des montagnes environnantes.

Matériaux

Toutes les constructions conservées sont en granit blanchâtre, composé de 60% de feldspath, 30% de quartz et 10% de mica. Tous les matériaux proviennent des carrières situées dans les contours du complexe inca.
La roche a une dureté de 6 à 7 degrés sur l’échelle de Mohs. Dans l’Empire, il était travaillé avec des barres et autres outils en bronze (aucun outil en fer n’était utilisé dans l’ancien Pérou) et des percuteurs provenant de roches plus dures. Les roches ont été lissées par abrasion avec du sable.

Morphologie

Presque tous les bâtiments sont de forme rectangulaire. Il y a une, deux et même huit portes, généralement sur un seul des longs côtés du rectangle. Il y a peu de bâtiments circulaires et courbes.
Les constructions appelées huayranas sont fréquentes. Ceux-ci n’ont que trois murs. Dans ces cas, dans l’espace du « mur manquant » apparaît parfois une colonnade de pierre pour soutenir une poutre en bois qui a servi de support au toit. Il y a aussi des huayranas doubles, deux huayranas reliées par un mur de séparation, qui sont appelées masmas.
Les constructions suivent généralement le schéma des kanchas, c’est-à-dire quatre constructions rectangulaires disposées autour d’un patio central relié par un axe de symétrie transversal.

Murs

Le gréement des murs de pierre était essentiellement de deux types.

De pierre ordinaire jointe avec du mortier de boue et d’autres substances. Il existe des preuves que ces constructions, qui sont majoritaires à Machu Picchu, ont été enduites d’une couche d’argile et peintes (en jaune et rouge au moins), bien que la désintégration précoce des toits les ait rendues vulnérables aux pluies permanentes de la région et n’ont donc pas été préservées.

De pierre finement sculptée dans les bâtiments d’élite. Ce sont des blocs de granit, non plâtrés et parfaitement sculptés en forme de prismes rectangulaires (parallélépipèdes, comme les briques) ou polygonaux. Leur face extérieure peut être soit rembourrée, c’est-à-dire saillante, soit parfaitement lisse. Dans ces cas, l’union des blocs semble parfaite et a conduit à supposer qu’il n’y a pas de mortier d’aucune sorte ; mais en fait, il s’agit d’une fine couche de liant que l’on trouve entre la pierre et la pierre bien qu’elle soit invisible à l’extérieur. L’effort de ces réalisations dans une société sans outils en fer (ils ne connaissaient que le bronze, beaucoup plus mou) est vraiment remarquable.

Couverture

Aucun toit original n’a été conservé, mais on s’accorde à dire que la plupart des bâtiments avaient un toit à deux ou quatre pentes, il y avait même un toit conique au-dessus de la « tour » ; et il était formé par une charpente de troncs d’aulne (Alnus acuminata) amarrée et recouverte de couches d’ichu (Stipa ichu). La fragilité de ce type de chaume et les pluies abondantes dans la région ont rendu nécessaire une forte inclinaison de ces toits jusqu’à 63º. Ainsi, la hauteur des toits était plusieurs fois supérieure à celle du reste du bâtiment.

Portes, fenêtres et niches

Comme il est classique dans l’architecture inca, la plupart des portes, fenêtres et niches (appelées fausses fenêtres, niches ou placards) sont de forme trapézoïdale, plus larges à la base qu’au niveau du linteau. Les linteaux peuvent être en bois ou en pierre (souvent d’un seul grand bloc). Les couvercles des enceintes les plus importantes étaient à double jambage et, dans certains cas, comprenaient un mécanisme de fermeture intérieur.

Les murs intérieurs de nombreux bâtiments présentent des niches de forme trapézoïdale à côté des fenêtres. Des blocs cylindriques ou rectangulaires font souvent saillie sur les murs comme de grands portemanteaux, disposés symétriquement par rapport aux niches ou aux niches et aux fenêtres, lorsqu’elles existent.

Voies d’accès et visites du site

Il est possible d’accéder au site par différents chemins plus ou moins escarpés. Le chemin le plus célèbre et le plus parcouru est celui dit « de l’Inca » (camino inca). Il est soumis à des contrôles d’accès relativement stricts. Seules les agences de voyage ont la possibilité de faire emprunter à leurs voyageurs ce chemin. Et il est normalement fermé chaque mois de février pour le préserver.

Le site archéologique est ouvert de 6 heures à 17 heures. Un certain nombre de guides touristiques recommande d’arriver sur les lieux à l’heure d’ouverture pour profiter du lever du soleil avec une vue dégagée de la masse des touristes.

Les possibilités de visite dépendent des attentes et des disponibilités des voyageurs. Il est possible de faire l’aller-retour en train la même journée et de visiter le site dans la journée en réservant un billet pour l’après-midi.

Néanmoins, de nombreux voyageurs choisissent de faire le trajet en deux jours et de passer la nuit précédent la visite du site archéologique en bas de la montagne, dans le village d’Aguas Calientes.

Ceux qui souhaitent un panorama plus complet de la civilisation inca et du Pérou en général opteront pour un circuit de randonnée de trois à cinq jours. Les durées et budgets sont donc variables. On compte principalement trois grands types de trek. Le plus économique est le Jungle Trail avec une partie du circuit faite en VTT. Le plus classique, prestigieux et coûteux est l’Inca Trail empruntant le chemin inca d’une durée de 4 jours. Enfin, il existe un trek alternatif : celui de Salkantay, plus physique et qui demande un bonne aptitude physique à la randonnée en montagne.

Vous partirez la plupart du temps depuis la capitale de la province, Cusco, avant de rejoindre d’arriver selon divers moyens au village d’Aguas Calientes, ultime étape située en bas de la montagne du Machu Picchu. Ce village, parfois nommé « Machu Picchu Pueblo », et qui dispose de nombreux hébergements pour les touristes souhaitant se reposer avant de visiter le site le lendemain, est aussi le lieu de départ des bus à destination du Machu Picchu. L’autocar circule sur la route « Hiram Bingham » vers le Machu Picchu. Il est toutefois possible d’emprunter un chemin piéton plus direct qui coupe cette route et qui demande entre une et deux heures de marche selon le niveau physique.

Etant donné qu’aucune infrastructure routière ne dessert Aguas Calientes, les voyageurs désireux de visiter le Machu Picchu en utilisant le train devront emprunter la voie ferroviaire qui démarre d’Ollantaytambo ou à la centrale hydroélectrique de Santa Teresa. Il existe un bus qui va de Cusco à la station de train et ces trajets sont normalement inclus dans les treks proposés par les agences de voyage. 



Trip Advisor a accordé le très recherché Traveler’s Choice au site du Machu Picchu, récompensant ainsi le prestige et la richesse du magnifique site inca. Cette distinction est très rare et témoigne de l’immense popularité du site péruvien auprès du grand public.

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