Le trek de Lares est l’un des nombreux itinéraires qui mènent au Machu Picchu — mais il a une identité très différente des treks les plus connus. Là où le Chemin de l’Inca met l’accent sur l’histoire et les ruines, le Lares se distingue par une expérience profondément culturelle : villages quechuas, tisserands, agriculteurs, traditions encore très vivantes et paysages andins authentiques.
J’ai passé beaucoup de temps à vivre à Cusco et dans la Vallée Sacrée, et je recommande vraiment le Lares Trek à celles et ceux qui veulent s’immerger dans la culture locale, rencontrer les habitants et voir un Pérou plus rural, plus calme, loin des itinéraires ultra fréquentés.
Dans cet article, je te donne tout ce qu’il faut pour organiser un trek réussi : les différentes routes (oui, il y en a plusieurs), des options d’itinéraire jusqu’au Machu Picchu, la difficulté, les conseils de réservation, l’altitude et l’acclimatation, le budget, une liste d’équipement, la meilleure période, et même comment faire le trek sans guide.
Lares Trek : aperçu général
Le Lares Trek est une alternative “hors des sentiers battus” au Chemin de l’Inca. Il commence près de la petite ville de Lares, dont il tient son nom. Lares se situe à environ 64,4 km au nord de Cusco et 56,3 km au sud-est du Machu Picchu, à une altitude déjà impressionnante : 3 200 m.
Le trek se déroule dans la vallée de Lares, à l’est de la chaîne de montagnes d’Urubamba, et traverse une partie de la Vallée Sacrée. Le décor est andin : cols élevés, pâturages, lacs, villages traditionnels… et une sensation d’authenticité très forte.
Autre point important : il existe plusieurs variantes de route. La plupart des itinéraires finissent vers Ollantaytambo, d’où l’on peut ensuite prendre un train vers Aguas Calientes pour visiter le Machu Picchu (ou rentrer à Cusco). Bonne nouvelle : les routes de Lares ne nécessitent pas de permis (contrairement au Chemin de l’Inca).
Le Lares Trek est-il difficile ?
La difficulté dépend de la version choisie. Le Lares Trek propose plusieurs itinéraires, avec différents cols, différentes distances et durées. Dans tous les cas, il faut une condition physique correcte : même si certaines routes sont plus courtes que d’autres treks autour de Cusco, vous devrez franchir des cols d’altitude.
Il existe 5 routes principales, avec des défis différents :
- Lares → Patacancha (la plus connue, “Weavers Way”)
- Quishuarani → Patacancha
- Quishuarani → Yanahuara
- Huaran → Yanahuara
- Huaran → Lares
Globalement, à quoi s’attendre ?
- Les routes 1, 2 et 5 sont en général considérées comme modérées.
- Les routes 3 et 4 sont plus longues, plus rares et plus difficiles (la route 4 est jugée très exigeante).
La route 1 (Lares → Patacancha) est souvent présentée comme la plus accessible : environ 33 km sur 3 jours, avec un seul grand col majeur. En revanche, les variantes 3 et 4 s’adressent davantage à des randonneurs réguliers.
Est-ce que le Lares Trek va au Machu Picchu ?
Le Lares Trek peut être fait :
- comme un trek “standalone” de 2 à 3 jours, sans Machu Picchu,
- ou combiné avec la visite du Machu Picchu, en ajoutant 1 à 2 jours (souvent via train depuis Ollantaytambo vers Aguas Calientes).
Cette option combinée devient de plus en plus populaire, notamment parce que le Chemin de l’Inca a des permis limités.
👉 Important : même si le Lares ne nécessite pas de permis, il faut réserver le billet pour le Machu Picchu et les billets de train vers Aguas Calientes le plus tôt possible.
Pourquoi choisir le Lares Trek ?
Plusieurs raisons font du Lares Trek une excellente alternative au Chemin de l’Inca (4 jours) :
1) Un trek plus calme
Pour beaucoup, le trek Lares est beaucoup plus tranquille que l’Inca Trail — même si sa popularité augmente chaque année. On croise généralement moins de randonneurs, et l’ambiance est plus “rurale”.
2) Un itinéraire souvent plus facile (moins de marches)
La route est souvent jugée plus simple que l’Inca Trail, notamment parce qu’on a moins d’interminables séries de marches.
3) Une immersion culturelle unique
C’est le cœur du Lares Trek : la vallée abrite des communautés andines traditionnelles, où certains modes de vie ont très peu changé depuis des siècles. On y voit des tisserands, des agriculteurs, des habitants en vêtements traditionnels colorés, et selon les tours, on peut observer ou participer à des activités de tissage.
La région est réputée pour ses textiles artisanaux. Si tu veux ramener une pièce authentique, prévois un peu de cash : tu peux acheter directement aux artisans, et faire une vraie différence pour eux.
Les 5 itinéraires de Lares : routes, distances et particularités
Il existe plusieurs “Lares Treks”. Les deux premiers sont les plus fréquents pour ceux qui veulent ensuite aller au Machu Picchu. Toutes les routes listées ici ne demandent pas de permis, et peuvent aussi se faire sans aller au Machu Picchu.
Route 1 : Lares → Patacancha (“Weavers Way”)
C’est l’itinéraire le plus populaire vers Machu Picchu, surtout parce qu’il est le plus court et souvent le plus simple :
- Distance : environ 33 km
- Durée : 3 jours de trek + 1 jour au Machu Picchu
- Col principal : Ipsayjasa à 4 450 m
L’intérêt majeur : la traversée de deux communautés de tisserands :
- Huacahuasi (3 750 m)
- Patacancha (3 700 m)
Jour 1 : Cusco → Calca → Lares (sources chaudes) → Huacahuasi
Départ tôt de Cusco (3 399 m), souvent vers 6h00. Route d’environ 2 heures jusqu’à Calca (2 928 m). Beaucoup de groupes s’y arrêtent pour une pause, parfois le petit-déjeuner, et pour acheter snacks et eau.
Puis vous continuez vers le nord pendant environ 3 heures jusqu’à Lares. En général, vous avez le temps d’un passage rapide aux sources thermales avant de commencer la randonnée.
Ensuite : environ 5 à 6 heures de marche (± 12 km) jusqu’au premier camp à Huacahuasi.
Jour 2 : Huacahuasi → col d’Ipsayjasa → lac Ipsaycocha
Huacahuasi (ou Huacawasi) est une communauté de tisserands. Les groupes passent souvent une partie de la matinée à observer le travail des artisans. Les ponchos multicolores locaux sont réputés pour être de bien meilleure qualité que ceux des marchés de Cusco.
Le trek du jour est plus court, mais plus difficile :
- montée jusqu’au col d’Ipsayjasa (4 450 m), point le plus haut de la route
- montée : 2 à 3 heures jusqu’au col
- descente : un peu plus d’1 heure vers le camp au lac Ipsaycocha
Distance : ± 9 km
Temps de marche : 3 à 5 heures
Jour 3 : lac Ipsaycocha → Patacancha → Huilloc → Ollantaytambo → Aguas Calientes
Bonne nouvelle : ce troisième jour est principalement en descente. Depuis le lac, vous descendez 2 à 3 heures jusqu’à Patacancha, communauté quechua de tisserands.
Puis le sentier tourne vers le sud et continue de descendre jusqu’à Huilloc (ou Willoq), village traditionnel situé vers 3 962 m. On y voit beaucoup d’habitants en tenue traditionnelle.
La randonnée se termine à Huilloc. Ensuite, l’agence organise un transport vers Ollantaytambo (2 792 m), puis train vers Aguas Calientes (2 040 m), la ville au pied du Machu Picchu.
Note : certaines compagnies proposent une option moins chère avec retour en voiture vers Hidroelectrica, mais c’est plus long et il faut ensuite marcher 10 km le long de la voie ferrée jusqu’à Aguas Calientes.
Jour 4 : Aguas Calientes → Machu Picchu → Cusco
Après une nuit à l’hôtel, départ tôt pour prendre l’un des premiers bus vers Machu Picchu.
- premiers bus : vers 05h30
- en haute saison (mai–septembre), la file peut commencer avant 05h00
En général, l’agence organise une visite guidée de 2 à 3 heures sur le site.
Si vous avez encore de l’énergie, deux options sont souvent citées :
- Huayna Picchu (si vous n’avez pas le vertige)
- Inti Punku (Sun Gate) à 2 730 m
⚠️ Ces options doivent être réservées très tôt : 6 à 12 mois à l’avance.
Retour en train dans l’après-midi (souvent), en prévoyant du temps pour redescendre en bus vers Aguas Calientes (30 minutes) et gérer les files.
Route 2 : Quishuarani → Patacancha
C’est la seconde route la plus populaire. Elle est un peu plus longue que la route 1, mais d’une difficulté similaire :
- Distance : ± 39 km
- Particularité : deux grands cols à franchir (Ipsayjasa et Huillquijasa)
Jour 1 : Cusco → Calca → Quishuarani → Cuncani
Départ tôt, route vers Calca (souvent petit-déjeuner). Puis continuation vers Quishuarani (3 700 m), arrivée vers 11h00.
La randonnée commence par une montée progressive, puis plus raide vers le col Huilquijasa (4 200 m). Les vues sur la vallée et les lacs depuis le col sont superbes.
- montée : 3 à 4 heures
- descente : 2 à 3 heures vers le camp de Cuncani (3 750 m)
Distance : ± 12 km
Temps de marche : 5 à 7 heures
Jour 2 : Cuncani → Huacahuasi → col d’Ipsayjasa → lac Ipsaycocha
C’est le jour le plus dur de cette route. Départ tôt. Descente progressive vers la vallée de Chancachaca (3 600 m) pendant 2 à 3 heures, puis remontée vers Huacahuasi (3 750 m) pour le déjeuner et la rencontre avec les tisserands.
Ensuite, montée au col d’Ipsayjasa (4 450 m) puis descente vers le camp au lac.
Distance : ± 15 km
Temps de marche : 6 à 9 heures
Jours 3 et 4
Ils suivent le même schéma que la Route 1 (descente via Patacancha/Huilloc, transport vers Ollantaytambo, train vers Aguas Calientes, puis Machu Picchu).
Route 3 : Quishuarani → Yanahuara
Cette option reprend le même premier et dernier jour que la Route 2, mais elle est plus longue et plus difficile :
- Distance : ± 45 km
- Niveau : plus exigeant
- Altitudes : trois cols à plus de 4 200 m
C’est une des variantes les moins populaires, en partie à cause de la difficulté, mais surtout parce que l’arrivée à Yanahuara (2 873 m) implique un trajet en bus plus long pour rejoindre Ollantaytambo (pour prendre le train vers Aguas Calientes).
Le texte suggère que cette option peut être intéressante si vous êtes un randonneur expérimenté et que vous avez déjà visité le Machu Picchu.
Route 4 : Huaran → Yanahuara (6 jours, très exigeant)
Route rare et inhabituelle : un trek de 6 jours, très peu emprunté et vraiment difficile.
Départ de Huaran (dans la Vallée Sacrée), montée vers Quishuarani (3 700 m) via le col de Pachacutec (4 200 m), puis boucle qui redescend et rejoint Yanahuara (2 873 m).
C’est la variante la moins utilisée, et elle représente un vrai défi même pour des marcheurs aguerris.
Route 5 : Huaran → Lares (4 à 5 jours, authentique)
Cette route est souvent choisie par ceux qui ont déjà visité Machu Picchu. Elle vise surtout l’expérience andine authentique et les interactions avec les habitants.
- Départ : Huaran (2 885 m)
- Durée : 4 à 5 jours
- Passage par le col de Pachacutec (4 200 m) vers Quishuarani (3 700 m)
- Puis vers l’ouest via le col Huilquijasa (4 200 m) jusqu’à Cuncani (3 750 m)
- Ensuite vers Vilcabamba, puis arrivée à Lares
Depuis Lares, retour possible en bus vers Cusco. Si vous n’avez pas encore vu Machu Picchu, vous pouvez rejoindre Ollantaytambo en bus, puis train vers Aguas Calientes, puis Machu Picchu.
Meilleure période pour faire le Lares Trek
Le meilleur moment est généralement la saison sèche (mai à septembre). C’est aussi la période la plus fréquentée dans la région, notamment sur le Chemin de l’Inca.
Le Lares est souvent considéré comme le 3e trek le plus populaire vers Machu Picchu, après l’Inca Trail (versions 4 jours et plus courte) et le Salkantay trek. En plein cœur de saison, le Lares peut être assez animé, mais comme il existe de nombreuses variantes de route, il ne donne généralement pas une impression de surpeuplement.
Mois “épaule” : avril et octobre
Avril et octobre (autour de la saison sèche) sont particulièrement calmes et souvent très agréables en météo.
Novembre : incertain
Novembre est “touch-and-go” : risque de pluie plus élevé.
À éviter : décembre à mars
On conseille d’éviter décembre à mars : pluie, visibilité réduite, brouillard matin/fin d’après-midi, sentiers glissants et risque accru de blessures.
Températures
Dans cette zone du Pérou, les températures sont souvent modérées :
- journée pouvant monter dans les hautes vingtaines (°C)
- nuits et matinées : de fraîches à très froides
➡️ D’où l’importance d’une tenue en couches.
Et même en saison sèche : les Andes sont un patchwork de microclimats. La pluie est possible toute l’année → emportez toujours de quoi vous protéger.
Peut-on faire le Lares Trek sans guide ?
Oui, c’est possible. Comme il existe plusieurs itinéraires, il est recommandé de choisir l’une des routes les plus courantes : elles sont plus faciles à suivre, mieux tracées.
Deux avertissements importants du texte :
- évitez de faire le Lares sans guide en hiver, car neige et pluie peuvent effacer les traces et compliquer l’orientation ;
- les agriculteurs et bergers locaux sont accueillants, mais ne parlent généralement pas anglais → mieux vaut avoir des bases d’espagnol.
Et un conseil concret : faites attention aux chiens. Les chiens ruraux peuvent être plus territoriaux que ceux des villes. Même si c’est tentant, évitez de les approcher.
Coût du Lares Trek : combien prévoir ?
Le coût dépend fortement des compagnies. Les prix indiqués (incluant transport et billets Machu Picchu) sont :
- Bonne agence locale (3 à 6 jours) : environ 600 à 750 $
- Agence internationale (all inclusive, avec hôtels à Cusco) (3 à 6 jours) : environ 800 à 1 000 $
Altitude, acclimatation et mal des montagnes
L’altitude est un vrai facteur sur le Lares Trek. Sur certaines variantes, vous franchissez jusqu’à trois cols à plus de 4 200 m.
Selon la route choisie, le point le plus haut peut être le col Sicllakasa à environ 4 830 m.
➡️ L’acclimatation est essentielle (surtout si vous venez d’arriver à Cusco).
Liste d’équipement (packing list) pour le Lares Trek
La liste d’équipement est globalement la même que pour un trek type Inca Trail. Si vous partez avec une agence, vous aurez souvent une limite de poids d’environ 7 kg, incluant 2 kg pour le sac de couchage.
Indispensables
- vêtements en couches (indispensable)
- au moins une paire de leggings
- deux hauts manches longues pour nuits et matinées froides
- idéalement des sous-vêtements thermiques
- Même si vous partez en saison sèche, il faut aussi :
- des vêtements imperméables toute l’année
Si vous n’avez pas de veste pluie, vous pouvez acheter un poncho plastique à Cusco avant de partir.
Faut-il s’entraîner pour le Lares Trek ?
Cela dépend de la route :
- routes 1, 2 et 5 : niveau de forme “de base” suffisant
- routes 3 et 4 : plus longues → il faut être hiking fit (habitué à randonner)
Dans tous les cas, un minimum de préparation rend l’expérience plus agréable.
En bref
- Le Lares Trek est une alternative authentique et culturelle au Chemin de l’Inca.
- Départ près de Lares (3 200 m), dans la vallée de Lares, liée à la Vallée Sacrée.
- 5 routes possibles : de modérées (1,2,5) à très exigeantes (4).
- La plupart des itinéraires finissent vers Ollantaytambo, puis train vers Aguas Calientes.
- Pas de permis pour le Lares, mais réserver tôt Machu Picchu + train.
- Meilleure période : mai–septembre ; avril et octobre sont calmes ; éviter décembre–mars.
- Altitude importante : cols > 4 200 m, jusqu’à 4 830 m selon route.
- Coût indicatif : 600–750 $ (bonne agence locale) ; 800–1 000 $ (internationale).
- Équipement : couches + thermique + imperméable, limite souvent 7 kg avec agence.
- Trek faisable sans guide, mais mieux en saison stable et avec bases d’espagnol.
Si tu veux vivre un trek où l’on marche autant pour les paysages que pour la rencontre humaine, le Lares est une option superbe. Il est plus calme que l’Inca Trail, souvent plus “simple” en termes de marches, et surtout beaucoup plus immersif culturellement : communautés andines, artisanat textile, villages quechuas, authenticité.
Et grâce à ses nombreuses variantes, tu peux l’adapter à ton niveau : de la route “Weavers Way” accessible, aux versions plus longues et exigeantes pour marcheurs expérimentés.
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